Rupture conventionnelle : indemnité et délais de calcul

La rupture conventionnelle met fin d’un commun accord à un CDI.

Rupture conventionnelle : indemnité et délais de calcul
Dans cet article
  1. Contexte : qu’est‑ce que la rupture conventionnelle ?
  2. Quelle indemnité le salarié doit‑il percevoir ?
  3. Comment se calcule l’indemnité minimale (règles officielles)
  4. Délais à connaître : signature, rétractation, homologation, et date effective de rupture
  5. Cas particuliers qui modifient le calcul ou les délais
  6. Modalités pratiques pour calculer votre montant (guide pour l’internaute)
  7. Ce qui change selon la situation (checklist de vérification)
  8. Ressources officielles et outils
  9. Encart : sources officielles (consultées le 25/09/2026)
  10. Pour aller plus loin

La rupture conventionnelle met fin d’un commun accord à un CDI. Elle donne lieu à une indemnité dont le montant minimal suit la règle de l’indemnité légale de licenciement ; des délais de rétractation et d’instruction administrative encadrent la procédure. La rédaction expose ici les règles de calcul et les délais à connaître, ainsi que les cas qui peuvent modifier le montant ou le calendrier.

Contexte : qu’est‑ce que la rupture conventionnelle ?

La rupture conventionnelle est un accord amiable entre employeur et salarié aboutissant à la rupture d’un contrat à durée indéterminée (CDI). Elle repose sur la signature d’une convention écrite qui précise notamment la date de rupture et le montant de l’indemnité spécifique.

La convention est ensuite transmise à l’administration pour instruction via la procédure TéléRC gérée par la DREETS. Cette instruction administrative vise à vérifier les conditions formelles de la convention et débouche, en l’absence de réponse dans le délai imparti, sur une homologation tacite.

La procédure combine donc un temps de négociation entre les parties, un délai de rétractation légal, et un délai d’instruction administrative. Ces étapes conditionnent la date effective de rupture du contrat et la recevabilité des demandes liées à l’indemnité.

Quelle indemnité le salarié doit‑il percevoir ?

L’indemnité spécifique versée dans le cadre d’une rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Lorsque la convention collective applicable ou un accord plus favorable existe, l’indemnité conventionnelle prime si elle l’est davantage pour le salarié.

On distingue trois notions utiles à retenir : l’indemnité légale (fixée par le code du travail), l’indemnité conventionnelle (prévue par une convention collective ou un accord d’entreprise), et l’indemnité supra‑légale (montant négocié librement au‑delà des minima légaux ou conventionnels). Les parties peuvent librement négocier une indemnité supérieure aux minima légaux ou conventionnels.

La rédaction rappelle que les montants précis ne doivent être affirmés qu’à partir de sources officielles ou d’un simulateur public. Pour estimer un cas concret, il faut utiliser l’outil officiel disponible sur le Code du travail numérique ou les simulateurs indiqués par les services publics.

Comment se calcule l’indemnité minimale (règles officielles)

La borne minimale applicable à la rupture conventionnelle est liée à la formule de l’indemnité légale de licenciement. Cette formule distingue deux tranches d’ancienneté : pour les années jusqu’à dix ans, la règle retient un quart de mois de salaire par année d’ancienneté ; à partir de la onzième année, la base devient un tiers de mois de salaire par année d’ancienneté. Ces règles sont issues des articles réglementaires cités dans les sources officielles.

Le salaire pris en compte pour ce calcul peut être établi selon plusieurs méthodes admises : soit la moyenne des rémunérations des douze derniers mois, soit le tiers de la rémunération des trois derniers mois, ou une autre formule permise par le texte ; la méthode retenue sera celle qui est la plus favorable au salarié. Il appartient donc de comparer ces modes de calcul pour déterminer la base la plus avantageuse.

La condition d’ancienneté est essentielle : pour prétendre à l’indemnité légale (et donc à la garantie de la borne minimale dans la rupture conventionnelle), le salarié doit justifier d’au moins huit mois d’ancienneté ininterrompue dans l’entreprise. Sans cette ancienneté minimale, la règle de l’indemnité légale ne s’applique pas dans les mêmes termes.

Ces éléments formels doivent être vérifiés à la date de la rupture effective du contrat, en tenant compte des périodes de suspension du contrat qui peuvent, selon les cas, affecter le calcul de l’ancienneté. En cas d’incertitude sur l’application d’une convention collective ou d’un usage particulier, il faut consulter le texte conventionnel applicable.

Délais à connaître : signature, rétractation, homologation, et date effective de rupture

La convention signée ouvre un délai de rétractation pour chaque partie. Chaque partie dispose de quinze jours calendaires de rétractation à compter du lendemain de la signature de la convention. Pendant ce délai, employeur et salarié peuvent renoncer à la rupture sans avoir à motiver leur décision.

À l’issue du délai de rétractation, la convention est transmise à la DREETS via TéléRC pour instruction. L’administration dispose d’un délai d’instruction de quinze jours ouvrables à compter du lendemain de la réception de la demande. Si l’administration ne répond pas dans ce délai, l’absence de réponse vaut homologation tacite.

La date effective de rupture du contrat ne peut intervenir avant le lendemain de l’homologation. Autrement dit, même si la signature et le délai de rétractation sont passés, la rupture n’est juridiquement effective qu’à partir du lendemain de l’homologation administrative, ou de la fin des délais applicables selon l’état de la procédure.

Il est utile de garder en tête la distinction entre jours calendaires et jours ouvrables : le délai de rétractation se compte en jours calendaires, tandis que le délai d’instruction administratif se compte en jours ouvrables. Cette distinction peut modifier la date à laquelle la convention devient définitive.

[sbs_frise id= »delais-rupture-conventionnelle » labels= »Signature|Fin rétractation|Envoi TéléRC|Fin instruction DREETS » dates= »signature|+15j_cal|apres_retract|+15j_ouvr »]

[sbs_jauges id= »jauges-delais » values= »15|15″ labels= »Rétractation (jours calendaires)|Instruction DREETS (jours ouvrables) »]

Cas particuliers qui modifient le calcul ou les délais

Certaines situations imposent des formalités spécifiques ou altèrent le calcul de l’indemnité. Les salariés protégés, comme les représentants du personnel, sont soumis à une procédure d’autorisation préalable et à des règles particulières : la rupture conventionnelle pour ces salariés ne suit pas strictement le même calendrier administratif et nécessite des vérifications spécifiques par les autorités compétentes.

Les conventions collectives ou accords d’entreprise peuvent prévoir des minima d’indemnité plus favorables ou un mode de calcul différent. Il est donc indispensable de consulter la convention collective applicable avant de conclure une convention, car elle peut fixer des dispositions plus avantageuses que les minima légaux.

De même, l’ancienneté prise en compte peut être affectée par des périodes de suspension du contrat (congé parental, arrêt maladie, etc.). Ces périodes peuvent, selon les textes applicables et les circonstances, être intégrées ou non dans le calcul de l’ancienneté. Les cas d’inaptitude ou d’autres circonstances particulières peuvent également modifier les règles applicables ; le lecteur doit se référer aux fiches et aux textes officiels pour chaque situation.

La rupture conventionnelle collective, qui relève d’une procédure distincte, n’est pas traitée ici. Pour cette procédure collective, il faut consulter les guides ou textes spécifiques mis à disposition par les autorités compétentes.

Modalités pratiques pour calculer votre montant (guide pour l’internaute)

Pour estimer le montant minimal dont vous pouvez bénéficier, suivez ces étapes sans inventer de chiffres :

  • Relever le salaire de référence selon les méthodes prévues (moyenne 12 mois ou 1/3 des 3 derniers mois) et retenir la plus favorable.
  • Calculer l’ancienneté jusqu’à la date de rupture effective, en tenant compte des périodes pouvant affecter l’ancienneté.
  • Appliquer la formule légale minimale 1/4 de mois de salaire par année pour les dix premières années, puis 1/3 de mois de salaire par année à partir de la onzième.
  • Vérifier la convention collective applicable pour identifier une éventuelle indemnité conventionnelle plus favorable.
  • En cas de doute, utiliser le simulateur officiel du Code du travail numérique pour obtenir une estimation fondée sur vos données réelles.

L’explication de la « formule la plus favorable » consiste à comparer les bases de calcul du salaire de référence proposées par le texte et à choisir celle qui donne le montant le plus élevé pour le salarié. Le simulateur officiel reprend ces règles et applique automatiquement la méthode la plus avantageuse.

Ce qui change selon la situation (checklist de vérification)

Avant de signer une convention, vérifiez ces éléments essentiels :

  • Ancienneté requise (au moins huit mois pour l’application de l’indemnité légale).
  • Mode de calcul du salaire de référence et comparaison des méthodes admises.
  • Convention collective applicable et dispositions plus favorables éventuelles.
  • Statut du salarié (protégé ou non) et formalités spécifiques si applicable.
  • Date de signature, date d’envoi via TéléRC et preuve d’envoi à la DREETS.
  • Calcul des délais en distinguant jours calendaires (rétractation) et jours ouvrables (instruction).

Ressources officielles et outils

Pour vérifier chaque point et obtenir des calculs fondés sur vos données personnelles, utilisez les ressources officielles suivantes :

  • Article L1237‑13 du Code du travail (Légifrance).
  • Articles R1234‑1 à R1234‑2 (Légifrance) et la fiche Service‑Public sur l’indemnité de licenciement.
  • Fiche Service‑Public sur la rupture conventionnelle et le délai de rétractation.
  • Page DREETS relative à la procédure TéléRC pour l’envoi et l’instruction des demandes.
  • Simulateur officiel du Code du travail numérique pour estimer le montant de l’indemnité spécifique.

En cas de doute sérieux sur l’application des textes à une situation particulière, consulter un conseiller juridique ou un avocat permet d’obtenir un avis personnalisé et motivé. La présente page a un but informatif et renvoie aux textes et outils officiels listés ci‑dessous.

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Formule indemnité légale | 1/4 de mois de salaire par ann | par année d’anci
Ancienneté minimale requise | au moins 8 mois d’ancienneté i | mois
Délai de rétractation | 15 jours calendaires à compter | jours calendaire
Délai d’instruction (DREETS) | 15 jours ouvrables à compter d | jours ouvrables
[/sbs_jauges]

Pour aller plus loin

Sophie Moreau

Sophie Moreau
Sophie suit l'actualité économique et sociale et rédige les dossiers budget du quotidien : gestion des dépenses, assurances, comparateurs de banques et astuces anti-gaspi. Elle couvre aussi les faits de société qui font l'actualité en France. Chaque article est vérifié en croisant plusieurs sources avant publication. Elle privilégie des conseils concrets, chiffrés quand c'est possible.
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